LE ROUND QUI A DURÉ 5 MINUTES 10 AU CENTRE BELL

Le 30 janvier 2009 à Montréal. Une soirée au Centre Bell pour le titre IBF des 140 livres qui aurait pu basculer dans la controverse, mais qui restera surtout marquée par un moment complètement irréel.

Juan Urango, cogneur colombien redouté, a envoyé Herman Ngoudjo au tapis deux fois dès le troisième round. Une gauche en uppercut, puis une autre en ligne droite sur la mâchoire. Deux impacts nets. Deux chutes. Mais Ngoudjo s’est relevé. Encore. Toujours.

Et moi, j’étais sur place.

Je l’ai vu continuer malgré tout. Parce que ce qu’on ne savait pas encore clairement à ce moment-là, c’est qu’il se battait avec la mâchoire brisée.

Ce combat existait aussi à cause d’un contexte particulier. Le titre était vacant après que Paul Malignaggi ait refusé d’affronter Ngoudjo une deuxième fois. Ngoudjo était devenu aspirant obligatoire en battant Souleymane M’baye quelques mois plus tôt.

Comme si ce n’était pas assez, son entraîneur Howard Grant n’était même pas dans son coin ce soir-là. Suspendu par la commission de boxe du Québec après avoir poussé l’arbitre Marlon Wright lors du combat entre Lucian Bute et Librado Andrade. Ironie du sort, c’est Wright lui-même qui arbitrait ce combat.

Puis est arrivé ce fameux 10e round. Un round qui ne finissait plus.

Les secondes passaient, bien au-delà de la normale. On se regardait tous autour du ring. Quelque chose clochait. Le chrono continuait. Urango avançait. Ngoudjo encaissait, répondait, survivait.

5 minutes 10 secondes. Un round interminable. Presque surréaliste.

Et Ngoudjo est resté debout.

C’est ça qui m’a marqué le plus. Pas les cartes de pointage larges. Pas la victoire claire d’Urango. Mais la résilience d’un gars qui, une fois de plus, a démontré un courage hors norme.

Parce que ce soir-là, au Centre Bell, Herman Ngoudjo n’a peut-être pas gagné le combat, mais il a gagné le respect de tout le monde dans l’aréna.

Précédent
Précédent

Quand les meilleurs s’affrontent, la vie est belle.

Suivant
Suivant

moses Itauma…le futur.