À mes ami(e)s belges.

Je ressens votre mécontentement depuis le verdict de mardi soir. Je le comprends. Le combat n’était pas ce à quoi on s’attendait. Insulter Caroline n’aide en rien le soulagement de votre colère.

Delfine Persoon est une légende dans ce sport. Elle a maintenant 54 combats. 41 ans, ce n’est pas rien. Être encore au top avec tout ce bagage. C’est impressionnant. Elle a été championne longtemps, elle n’a perdu que deux fois depuis sa défaite à son dixiême combat, contre une certaine Katie Taylor. Une défaite par décision majoritaire qui aurait pu aller de l’autre côté. La défaite de mardi n’enlève rien à son palmarès légendaire.

Le combat de mardi était pénible pour les 2 pugilistes. Caroline a bien commencé, Delfine a bien terminé. Veyre a semblé déstabilisé par les assauts soutenus de la légende de Roeselare, West-Vlaanderen. C’était le premier combat d’importance pour Veyre; les nerfs peuvent vous faire paniquer par moment. La fatigue, les jambes qui lâchent, le réflexe est souvent de se protéger par tous les moyens. Delfine a perdu son sang froid, ça lui aura probablement coûter la victoire. Comment en vouloir à Caroline? Elle a survécu aux derniers rounds de tous les moyens possible. Delfine a tout tenté, trop peu trop tard.

Je comprends que le côté patriotique peut faire en sorte que les propos dirigés vers Caroline sont virulents; je le comprends mais je ne l’accepte pas. Y’a des façons de gagner, y’a aussi des façons de perdre. Delfine demeure une légende du sport, qu’elle ait gagné, perdu, qu’il fasse beau ou non. Descendons tous d’un cran, respirons par le nez et rappelons-nous que mardi soir, sur le ring, deux boxeuses qui ont qu’un seul objectif en tête, ont tout donnés pour y arriver.

Personne devant Delfine sur un ring ne peut rester de marbre. Un rouleau compresseur qui lance des coups à l’infini, c’est déroutant. Le coin de Caroline lui demandait d’arrêter d’accrocher; l’instinct de la nouvelle championne, devant cette force qu’est Delfine, ne réagissait pas comme prévu. Ça arrive.

Sans rancunes, avec amour à nos cousins belges.

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